Le Gui: entre mythes et realités

Le Gui: entre mythes et realités

Par son mode de vie et son développement particulier, le gui a toujours bénéficié d'une réputation mythique. Partons à la découverte de cette plante omniprésente dans les Baronnies, avec notre ethnobotaniste local, Alain Tessier.

Botaniquement, le gui est une plante de la famille des Loranthaceae, répondant au doux nom de Viscum album. C'est un sous-arbrisseau qui profite du gîte d'environ 175 arbres hôtes. Il forme des touffes arrondies, bien ramifiées, glabre, de couleur vert jaunâtre caractéristique. Les pieds femelles deviennent particulièrement décoratifs, quand ils sont agrémentés de boules blanches visqueuses, appelées abusivement baies.

En montagne, le gui est courant sur les pins, les sapins et certains épicéas. En plaine, sa prédilection va aux poiriers, aux pommiers et à l'aubépine, mais il n'est pas rare de le rencontrer sur le peuplier, l’amandier, l’amélanchier ou le hêtre. Le célèbre gui du chêne, de nos ancêtres celtes, est lui, aujourd'hui, beaucoup plus rare, puisqu'il n'en subsiste que quelques exceptionnelles stations en France.

La prolifération de ce végétal bénéficie de processus particuliers ; elle est réalisée avec le concours des oiseaux. Les grives, les merles ou les mésanges sont friands des fruits qu'ils consomment allègrement. Les graines, contenues dans ces baies, sont attendries par les sucs digestifs de l'oiseau, rejetées dans leurs déjections rendues gluantes par les composants visqueux, elles adhèrent solidement à la branche et germent facilement. La radicule, munie de suçoirs, s'enfonce alors dans l'écorce et produit des racines qui comme des "coins" pénètrent jusqu'au centre de la branche nourricière qu'elle épuise. Cependant, le gui n'est pas un parasite à part entière, c'est un semi-parasite. Il prélève chez son hôte, l'eau et les éléments minéraux dont il a besoin mais conserve une fonction chlorophyllienne.

Le culte de ce végétal éternellement vert et prospère, remonte à la nuit des temps. Parce que rare sur le châtaignier et le chêne, le gui de ces arbres était vénéré chez les Celtes, les Germains, les Grecs et les Romains. Dans toutes ces civilisations, il était associé à une multitude de légendes et de traditions populaires.

Dans la culture celte, la cueillette du gui était l'objet de grandes solennités. Elle se pratiquait pendant le solstice d'hiver, lorsque la lune était dans son sixième jour de croissance. Le druide coupait alors, les rameaux de gui avec une faucille d'or, dont le plat de la lame était en forme de lune. Il en faisait des brassées, qui ne devaient pas toucher le sol. C'est pourquoi, des aides tenaient de grands linges tendus autour du chêne hôte. Cette récolte, uniquement pratiquée par le druide, donnait lieu à une grande fête, appelée : fête du solstice d'hiver. Dans toute l'Europe, cette pratique à survécu longtemps à la civilisation celte.

Chez les Celtes, le gui est le symbole de tout "ce qui est". C'est pourquoi, il est présent lors de toutes les manifestations. Il est l'emblème de l'universalité de l'Existence dans l'Humanité entière. Pour l'Individu, le gui représente l'existence certaine, l'éternelle vérité.

Son utilisation médicinale est assez ancienne. Il est réputé assurer une protection contre la maladie dont il amène la guérison. Accroché au-dessus du lit, il évite les cauchemars. Pour les Gaulois, le gui est "celui qui guérit tout". C'est un antidote des poisons, donne la fécondité et guérit de l'épilepsie ou “ haut-mal ”, car il ne touche jamais terre. Les feuilles de gui, mâchées et appliquées en cataplasme cicatrisaient les ulcères. Au Moyen-âge, il était employé contre l'épilepsie, les vertiges et comme résolutif des tumeurs, indications qui persisteront à travers les âges. En Suisse on estime que toutes les plantes parasitées ont un certain sens sacré. Le gui du chêne encore plus que les autres. C'est ainsi qu'on le considère comme souverain contre toutes les maladies des enfants. Pour ce, il doit être cueilli quand le soleil est dans le signe du sagittaire et la lune à son déclin. En Suède et dans certaines régions d'Angleterre, pour que le gui ait des vertus médicinales, il faut le faire tomber de l'arbre où il pousse avec des flèches ou des pierres.

Aujourd'hui, le gui est toujours employé dans le traitement de l'hypertension et de certaines tumeurs. L'action hypotensive des feuilles est due à une synergie d'activité de principes actifs. Cependant, c'est un traitement de long terme, qui demande des précautions d'usage et une maîtrise parfaite de la thérapie.

Les propriétés antitumorales sont aussi le fait de plusieurs composants. Dans cette action cytotoxique, les différentes sous espèces de gui, fermentées et diluées, sont très employées outre-Rhin, où elles ont même donné naissance à une technique appelée " Viscumthérapie ". Outre ses propriétés hypotensives et cytotoxiques, le Viscum album, a aussi des effets immunostimulants, dans lesquels les polysaccharides joueraient un rôle important.

Plante de tradition ancienne, le gui est aussi une plante d'avenir comme le montre les nombreux travaux pharmacologiques et cliniques dont il est l'objet aujourd'hui.

Attention! Le gui renferme des substances toxiques qui peuvent provoquer, en cas d'ingestion excessive des fruits, des troubles digestifs et même des troubles cardiaques.

Alain TESSIER, Ethnobotaniste

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Publié le: 10 janvier 2010

Dernière modification le: 31 janvier 2010

Auteur: Alain Tessier

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